LA GLOBALE DU BASSIN

MISE AU POINT SUR LA « GLOBALE DU BASSIN »

Toute technique, pour être efficace doit être maitrisée et intégrée gestuellement.

Cela nécessite, au même titre qu’un geste sportif, de répéter encore et encore.

Mais pour cela les détails de la technique doivent être avant tout compris .

Il existe certaines techniques classées « difficiles » et bien la globale du bassin est alors « très difficile » !

Prenons donc le temps de « décortiquer » cette fameuse « globale ».

 

Historique :

Il y a une trentaine d’année Jean-François Terramorsi alors étudiant à l’école d’ostéopathie de Genève a inventé cette globale du bassin dans le but de s’adresser en une seule technique au tissu conjonctif articulaire entre trois pièces osseuses : L5, Sacrum et ilium. Cette technique permet donc de traiter une symptomatologie de bassin sans se soucier de diagnostiquer avec précision le siège de la lésion. Plutôt intéressant pour les débutants qui sont parfois incertains de l’exactitude de leur diagnostic ou sur le chronique où nous sommes généralement face à plusieurs zones conjonctives en lésion au sein de la « structure bassin ».

Le souci étant que cette technique demande un positionnement et une gestuelle irréprochables et un enchaînement précis de différents paramètres indispensables à sa réussite et donc à son efficacité.

Explications techniques :

On se sert de trois pièces osseuses dans une même technique pour stimuler le conjonctif articulaire entre L5, sacrum et ilium afin d’obtenir un effet reflexe neuro-vasculaire.

Je dis bien stimuler le conjonctif et non bouger une pièce par rapport à une autre !

Nous ne devons pas avoir dans notre geste l’envie d’un quelconque gain d’amplitude, celui-ci sera la résultante de l’effet reflexe.

De plus il paraît utopiste de vouloir « bouger » une sacro-iliaque alors que physiologiquement elle ne bouge quasiment pas ; imaginez alors lorsqu’elle est « bloquée » !

Un effet reflexe étant obtenu par une stimulation brève, intense et localisée il faudra donc avant toute chose localiser notre action.

Le fait de ne pas localiser l’action est dès le départ rédhibitoire et réussir « la globale »  reste alors du domaine du rêve ! Bien sûr un craquement peut retentir mais rappelons-nous qu’une technique structurelle réussie ne craque pas forcément. Et il suffit d’être le patient « subissant » cette soi-disant globale pour ressentir que la contrainte se situe dans les lombaires voir même au niveau de la charnière dorso-lombaire ! Pas de localisation= effet mécanique important et diffusé (dans les lombaires !).

Pour justement localiser notre action il faut d’abord se poser dans le bassin, mettre de la masse, translater notre centre de gravité vers le sol…s’appuyer verticalement au travers du bassin.

Modalités de la technique :

Comme toute les techniques globales la globale du bassin est une technique en rotation mais pas n’importe quelle rotation ! Surtout pas une rotation globale du bassin sous les lombaires voir du bloc bassin-lombaires sous les dorsales.

Trois pièces osseuses à trois rotations : avant de penser rotations il faut savoir par rapport à quels axes nous allons appliquer les rotations. Un axe perpendiculaire passant par le milieu de notre avant-bras et par le trochanter du patient ; un autre suivant l’axe du corps du patient et un dernier représenté par l’axe du fémur sus-jacent du patient.

Il faudra donc chercher à quel niveau le tissu conjonctif du bassin est les plus dense en jouant avec ces trois rotations mais seulement après avoir localiser notre action.

Quand nous avons trouvé l’endroit le plus dense il faudra trouver le contre-appui grâce à notre avant-bras crânial ; je dis bien contre-appui et pas appuyer sur l’épaule pour rajouter de la rotation…Pas de grands bras de leviers (effet reflexe !…)

Cela fait donc 5 paramètres à gérer : appui verticale, trois rotations et le contre-appui.

Mais alors que pour l’instant ce n’est qu’une mobilisation passive du bassin il va falloir pour thruster arriver au même endroit plus vite (stimulation brève et intense…) ; pour cela il va falloir retirer un peu de chaque paramètre en même temps puis les retrouver plus vite !

Mais il est tellement plus simple une fois qu’on a trouvé le bon endroit de pousser plus loin !…et donc de chercher un gain d’amplitude !…Mais n’ayant pas de vitesse c’est donc un geste en force, une manipulation d’un os par rapport à un autre, une manipulation structurelle mécaniste et pas dans le respect du tissu…; c’est tellement moins reflexe, tellement plus diffus au niveau des contraintes mécaniques et tellement désagréable pour le patient…

Conclusion :

On a le droit d’utiliser des techniques à grands bras de leviers, de mobiliser un os par rapport à un autre à la recherche d’un gain d’amplitude, de pratiquer une manipulation structurelle mécaniste …mais quand on utilise la globale du bassin on utilise une technique mise en place avec une approche conjonctive !

Quand on utilise la globale du bassin on doit respecter une gestuelle précise avec un représenté précis des paramètres à appliquer.

Sinon parlons de « manipulation du bassin », ou de « normalisation de l’ilium » ou autre…et permettons nous d’oublier la rigueur gestuelle qu’impose la maîtrise de « la globale du bassin »…

Nous n’exposons là qu’une partie de la gestuelle et n’avons pas développé la façon d’obtenir les trois rotations, ni la nécessité d’un positionnement précis du thérapeute (comme dans toutes les techniques de normalisation structurelle conjonctive). Il est bien-sûr évident qu’avant même de poser nos contacts sur le patient nous aurons pris la peine d’ajuster la position de nos pieds, de nos ceintures pelvienne et scapulaire, de notre colonne, de nos coudes…tout ceci adaptés au plan de travail que nous aurons choisi en fonction des plans articulaires à respecter…

Pas facile cette « globale » !…

Régis Ansquer

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